• Physiquement, il s'en est passé des changements. Non, je ne suis pas passée de 50 kilos au quintal, ni ne me suis fait tatouer ou piercer 80% de l'épiderme. Le changement n'est pas radical, mais il se voit. 

    D'abord, adieu les cheveux longs de petite fille sage et innocente. J'ai opté pour la coupe de Lisbeth Salander sur la couverture du troisième tome de millénium. Ah ça ouais, ça décoiffe.

    Ensuite je me suis décidée à acheter une crème de jour (bio) car la barre des trente ans approche et je ne suis pas préparée psychologiquement à ressembler à une vieille peau. Même si on me donne l'âge d'avoir encore de l'acné, ce que ma peau craint à présent sont les rides. Et puis, j'en ai soudain eu assez des cernes bleues/mauves/noirâtres sous mes yeux. Eu-je été actrice dans un film de zombies, elles eussent été bienvenues. Mais voilà, dans la vraie vie, on a envie de ressembler à autre chose qu'un  macchabée . Alors j'ai acheté un anticerne aussi bio que les tomates du producteur local du village. Enfin, je me suis dit, pourquoi pas ajouter un peu de maquillage, pour faire ma belle, on ne sait jamais, la fin du célibat est peut-être proche...

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  • Si j’étais une gamine de dix ans à la présente époque, j’aurais sans doute boudé la blondasse insipide Barbie et jeté mon dévolu sur les poupées Monster High. Franchement, avec leur look gothique, leur maquillage digne d’Halloween, leurs chevelures bariolées, elles en jettent. Seulement je n’ai pas dix ans, j’en ai presque le triple, alors je me suis rabattue sur le porte clé logo en peluche, en forme de tête de mort avec un nœud rose. Morbide, oui, mais girly quand même!

     
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  • Adieu les trombones qu'on retire des documents en se les enfonçant sous les ongles. Adieu les agrafes qu'on ôte inlassablement  en se niquant les doigts avec l'arrache agrafes pour récupérer les attestations, ah ces fameuses attestations qu'on passe des heures à classer dans les dossiers des agents, mais dont la pile ne diminue jamais car on en déniche toujours plus parmi les documents que l'on trie. Adieu la radio grésillante qui diffuse principalement de la musique de merde, mais qui permet de ne pas péter les plombs lorsqu'on est isolé plus d'une heure dans les archives, lieu sans vie insonorisé qui rend claustrophobe si l'on ne l'est pas à l'origine. Adieu les boîtes à archives poussiéreuses à monter soi-même, nous préparant à la vie de célibataire autonome et ses meubles en kits.

    Bref. Je suis de nouveau une statistique de Popol Emploi.


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  • Trouver des chaussures d'hiver/ de mi-saison rose pastel autre que des escarpins inconfortables et casse-gueule ou des ballerines moches et informes, c'est la croix et la bannière. J'avais abandonné ma quête, commencée bien avant les soldes, jusqu'à ce qu'hier je tombe sur des tennis chic cloutées, en simili cuir et caoutchouc, couleur rose pastel. Il n'y avait qu'une paire à ma taille. Ni une, ni deux, j'ai enfilée la pompe en taille 40 qui m'avait fait de l'oeil et à ma grande joie elle m'allait comme un gant. J'ai demandé sa jumelle à la caisse, et 29.99 euros plus tard, la paire de chaussures tant convoitée était à moi.

     

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    Mercredi, dix-sept heures et des poussières, j’arrive à mon ancienne fac, en travaux, vu l’état de délabrement dans lequel elle est depuis des années. Je pénètre à l’intérieur et l’émotion est si forte que je tremble. Je rencontre ma directrice de thèse qui est super contente de me revoir, mais je n’en mène pas large et m’excuse d’avoir l’air si émotive, ça fait quand même cinq ans je n’ai pas remis les pieds ici. Quand nous nous sommes quittées, je scrute tous les emplois du temps pour savoir dans quelle salle ma médiéviste peut bien se trouver à ce moment précis. J’ai déjà frappé à la porte de son bureau mais il n’y a personne. Mais j’ai un doute. Etait-ce son bureau ? Il n’y avait pas de nom sur la porte, j’ai juste le vague souvenir qu’elle a quitté celui qu’elle avait au rez-de-chaussée et « emménagé » ici peu avant que je ne quitte la fac. Je retourne au premier, puis monte jusqu’au deuxième étage, et là je me retrouve devant une porte qui indique son nom ! J’entends des voix, dont la sienne, elle est là, putain, elle est là. Je frappe fébrile, elle me dit d’entrer, et là j’ai une vision mystique. Sa beauté me frappe de nouveau comme au premier jour. Elle est agréablement surprise de me voir : « My goodness ! You are back ! » et moi je tremble et en perds mon anglais.

    « Come on, practise ! »

    Elle vient de me dire que dans cinq minutes elle quitte le bâtiment et va récupérer sa fille, et moi j’essaie de lui expliquer dans la langue de Shakespeare que mon hôtel est près de la gare, donc si elle pouvait m’y reconduire (je veux surtout passer plus de temps avec elle ! Pourquoi pas dans sa voiture)... Elle accepte ma requête, il y a un étudiant dans la pièce, je m’en fiche, je saute de joie. « Behave yourself ! Sit down ». Elle est encore plus maigre qu’avant il me semble, mais elle est enjouée et pétillante. Moi j’ai besoin d’un Xanax pour me calmer, je suis hyper émotive et excitée. Je sors ma bouteille d’eau, une pilule rose entière et avale cette dernière. Quand l’étudiant s’apprête à quitter le bureau, elle entreprend de me faire la bise, ça se transforme en étreinte, comme au bon vieux temps. Je finis par me calmer et on discute entre adultes, sur le chemin jusqu’à sa voiture et une fois dans son véhicule. Elle me voit bien en bibliothécaire. On parle de la mort car j’aborde le deuil de mon ancienne prof australienne avec elle, et je lui fais promettre de vivre longtemps et en bonne santé. Comme si elle décidait totalement de son état physiologique et de sa durée de vie !

    J’ai pu rencontrer sa fille, enfin, l’une de ses deux filles, elle est belle mais ne lui ressemble pas. Ses yeux sont bleus et ceux de ma médiéviste noisette. « J., je te présente Ludivine, tu sais, mon étudiante qui m’envoie des lettres ? » Je me sens un peu gênée, j’espère que jamais au grand jamais sa fille ne sera au courant des sentiments que j’éprouve envers sa mère. Je ne suis pas une briseuse de couples. J’aime ma prof, je l’étreins parfois, mais je n’ai ni l’intention ni l’envie de lui faire des avances, encore moins de la peloter et/ou l’embrasser, je la respecte, je respecte son statut de femme mariée.

    Bon, il a bien fallu se quitter, j’ai eu un pincement au cœur, mais j’ai bon espoir de la revoir jeudi prochain. J’espère, oh oui !


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